Pour les enseignants
En classe
Six séquences de 45 minutes, des fiches à imprimer, un mode projecteur et une boîte à outils pour intégrer les expériences dans vos propres pages. Sans inscription et sans cookies.
Le déroulement d’une heure de 45 minutes
Chaque séquence suit les mêmes quatre étapes. L’expérience explique ; l’heure veille à ce que tous s’engagent d’abord sur une prédiction.
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Pari d’entrée
5 min
Une question au projecteur. Chacun s’engage à main levée (A, B ou C) avant toute explication. Personne ne connaît encore la réponse ; l’important est de s’engager.
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Mission de recherche
20 min
Chaque élève ou binôme travaille sur son propre appareil. Trois questions d’observation concrètes mènent à l’expérience : prédire d’abord, vérifier ensuite.
- 3
Mise en commun
15 min
Ensemble au tableau : qu’avons-nous vu, et qu’en découle-t-il ? Les messages clés de chaque séquence sont prêts pour vous.
- 4
Transfert
5 min
Une question qui applique l’idée à du nouveau. Elle peut aussi servir de devoir.
Six séquences
Les réponses, les corrigés et les idées fausses courantes sont repliés : vous décidez de ce que vous montrez. Chaque séquence a une fiche à imprimer.
Les niveaux ne sont qu’un repère et non un rattachement à un programme. Les acquis et les systèmes scolaires diffèrent.
Relativité restreinte : simultanéité et dilatation du temps
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1
Pari d’entrée
5 minLa foudre frappe les deux extrémités d’un train en marche. Vu depuis le talus, les deux impacts sont simultanés. Une voyageuse est assise exactement au milieu du train. Que voit-elle ?
- ALes deux éclairs au même instant.
- BD’abord l’éclair de l’avant du train.
- CD’abord l’éclair de l’arrière du train.
Corrigé pour l’enseignant
Bonne réponse: B
Elle va vers la lumière de l’avant et s’éloigne de celle de l’arrière, et la lumière lui parvient des deux côtés à la même vitesse c. L’éclair de l’avant arrive donc le premier. Comme elle est au milieu, elle en conclut qu’il a aussi frappé le premier : pour elle, les impacts ne sont pas simultanés.
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2
Mission de recherche
20 minSur leur propre appareil, seuls ou à deux. Les mêmes questions figurent sur la fiche.
Règle la vitesse sur 0 % c et appuie sur Démarrer : quand M′, au milieu du train, voit-il les deux éclairs ? Puis règle 50 % c et compare.
Réponse
À 0 % c, les deux éclairs arrivent au même instant (après 500 ns). À 50 % c, M′ voit l’éclair avant B après environ 334 ns et l’éclair arrière A seulement après environ 1 001 ns.
Passe à « Vue depuis le train » et lis l’écart entre les deux impacts à 40 % c, puis à 80 % c. L’écart est-il deux fois plus grand, plus petit ou plus grand ?
Réponse
À 40 % c environ 437 ns, à 80 % c environ 1 334 ns : un peu plus du triple, pas seulement le double. L’écart croît plus vite que la vitesse à cause du facteur γ.
Ouvre l’horloge à lumière et règle 99,9 % c. Combien d’années s’écoulent sur Terre pour chaque année à bord ?
Réponse
Environ 22,4 ans (γ = 22,4). À 50 % c, ce n’est que 1,15 an.
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3
Mise en commun
15 minEnsemble au tableau. Messages clés :
- La vitesse de la lumière est la même pour tout observateur. Des expériences comme celle de Michelson et Morley l’appuient ; c’est le point de départ de la théorie.
- « Simultané » n’est pas absolu : deux événements en des lieux différents peuvent être simultanés pour un observateur et pas pour un autre. Ce que nous voyons n’est pas ce que nous mesurons, car il faut tenir compte du temps de trajet de la lumière.
- Une horloge en mouvement bat plus lentement d’un facteur γ = 1/√(1 − v²/c²). Dans la vie courante, γ − 1 est minuscule (à 100 km/h, environ 4 · 10⁻¹⁵) ; à 99,9 % de c, γ vaut 22,4.
- La dilatation du temps a été mesurée de nombreuses fois : muons rapides de la haute atmosphère, horloges atomiques dans des avions (Hafele et Keating, 1971), horloges de satellites. La relativité de la simultanéité fait partie de la même théorie et intervient dans tous ces calculs.
Pour les curieux : le calcul
Horloge à lumière : une impulsion lumineuse rebondit entre deux miroirs distants de d. Au repos, un battement dure Δt₀ = 2d/c. Si l’horloge se déplace latéralement à la vitesse v, l’impulsion suit un chemin oblique. Pendant la durée Δt d’un battement, elle parcourt c·Δt tandis que l’horloge avance de v·Δt. Pythagore pour un trajet : (c·Δt/2)² = d² + (v·Δt/2)². Avec d = c·Δt₀/2, on obtient Δt = Δt₀ / √(1 − v²/c²) = γ·Δt₀.
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4
Transfert
5 minUne question pour finir, ou pour le travail à la maison.
Tu voles vers Sirius (à 8,6 années-lumière) et retour à 99,9 % de la vitesse de la lumière. Combien de temps dure le voyage pour ta sœur jumelle sur Terre, et pour toi ? (Utilise l’expérience du voyage des jumeaux.)
Réponse
Environ 17,2 ans sur Terre et environ 0,77 an (près de 9 mois) à bord. Simplifié : demi-tour instantané, accélération négligée.
Idées fausses courantes
Idée fausse« Le temps semble seulement s’écouler plus lentement parce que la lumière met plus longtemps à nous parvenir. »
En réalitéNon. Le temps de trajet de la lumière est déjà retiré dans l’analyse. La différence est réelle et mesurable : les horloges atomiques dans les avions et les satellites la montrent.
Idée fausse« La simultanéité n’existe donc pas. »
En réalitéElle existe, mais par rapport à un référentiel. Des événements au même lieu et au même moment sont simultanés pour tous. Pour des événements éloignés, chaque observateur a sa propre simultanéité, et toutes se valent.
Idée fausse« Alors l’un des deux observateurs se trompe. »
En réalitéNon. Tous deux jugent les deux mêmes éclairs, et chacun a raison dans son référentiel : la simultanéité de deux événements en des lieux différents dépend du référentiel. Il n’y aurait contradiction que s’il existait un « maintenant » absolu, et il n’existe pas.
Pour aller plus loinParcours d’apprentissage: Voyage 1 : que veut dire « en même temps » ?L’office des brevets de Berne
Principe d’équivalence et gravitation
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1
Pari d’entrée
5 minTu es dans une cabine sans fenêtre. Est-elle posée sur la Terre, ou une fusée la pousse-t-elle vers le haut dans le vide avec exactement 9,81 m/s² ? Quelle affirmation est juste ?
- AUne expérience de chute avec une balle dans la cabine montre dans quelle situation on est.
- BAucune expérience dans une petite cabine ne distingue les deux situations.
- CSeul un rayon de lumière les distinguerait.
Corrigé pour l’enseignant
Bonne réponse: B
Dans les deux situations, une balle lâchée atteint le sol avec 9,81 m/s², et la lumière se comporte de la même façon. C’est l’idée d’Einstein de 1907 : localement, gravité et accélération sont indiscernables. (Une très grande cabine montrerait des différences de marée ; c’est pourquoi l’affirmation vaut pour de petites cabines.)
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2
Mission de recherche
20 minSur leur propre appareil, seuls ou à deux. Les mêmes questions figurent sur la fiche.
Ouvrir l’expérience: Deux cabines, un seul résultat Le creux dans la toileDes étoiles au bord du SoleilAppuie sur « Lâcher la balle ». Que se passe-t-il dans la cabine A (sur la Terre) et dans la cabine B (fusée) ? Compare les deux accélérations.
Réponse
Dans les deux cabines, la balle tombe vers le sol à 9,81 m/s². De l’intérieur, aucune différence.
Allume la lumière. Que fait le rayon dans chaque cabine ? Pourquoi le dessin indique-t-il « exagéré » ?
Réponse
Dans les deux cabines, le rayon se courbe vers le bas de la même façon. Dans une cabine de 2 m à 1 g, il ne descend en réalité que d’environ 2 · 10⁻¹⁶ m, car la lumière met à peine 7 ns pour la distance. Le dessin l’exagère.
Appuie sur « Ouvrir les fenêtres ». Quelle cabine est sur la Terre et laquelle est accélérée dans l’espace ? Aurais-tu pu le savoir de l’intérieur ?
Réponse
La cabine A est sur la Terre, la cabine B est accélérée par une fusée à 1 g dans le vide. Fenêtres fermées, rien dans une petite cabine ne trahit la différence.
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3
Mise en commun
15 minEnsemble au tableau. Messages clés :
- Les corps lourds et légers tombent aussi vite quand il n’y a pas de résistance de l’air. Sur la Lune (Apollo 15, 1971), un marteau et une plume ont touché le sol en même temps.
- Cela tient à l’égalité de la masse « pesante », sur laquelle la gravité tire, et de la masse « inerte », qui résiste à l’accélération. Elle a été vérifiée avec une précision d’environ 10⁻¹⁵ (satellite MICROSCOPE, rapport final de 2022).
- Einstein en a conclu que, dans une petite région, la chute libre supprime la gravité, et que se tenir debout sur le sol revient à être accéléré vers le haut. Il a appelé plus tard cette idée la plus heureuse de sa vie.
- Conséquence : si la lumière se courbe dans la cabine accélérée, elle doit aussi se courber dans un champ de gravitation. En 1919, les positions d’étoiles près du Soleil l’ont montré (voir l’expérience de l’éclipse). La toile élastique ne montre que l’espace courbe ; pour les corps lents, la courbure du temps compte encore davantage.
Pour les curieux : le calcul
De combien le rayon descend-il ? Cabine de 2 m de large : la lumière met t = 2 m / c = 6,7 ns. Dans la cabine accélérée, le sol monte de s = ½ · g · t² = ½ · 9,81 m/s² · (6,7 · 10⁻⁹ s)² ≈ 2,2 · 10⁻¹⁶ m, moins que la taille d’un noyau atomique. La courbure de la lumière est donc minuscule près de la Terre et mesurable seulement près de masses énormes comme le Soleil.
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4
Transfert
5 minUne question pour finir, ou pour le travail à la maison.
Les astronautes de la station spatiale flottent, alors que la station ne vole qu’à environ 400 km du sol. N’y a-t-il pas de gravité là-haut ? Que signifie vraiment « flotter » ?
Réponse
La gravité y vaut encore environ 8,7 m/s², soit près de 89 % de la valeur au sol. La station et les astronautes sont ensemble en chute libre autour de la Terre. En chute libre, comme dans l’ascenseur qui tombe, on ne sent pas son poids.
Idées fausses courantes
Idée fausse« Dans l’espace, il n’y a pas de gravité, c’est pourquoi les astronautes flottent. »
En réalitéEn orbite, la gravité est presque aussi forte qu’au sol. Les astronautes flottent parce qu’ils tombent librement avec leur station et ne sentent donc aucun poids.
Idée fausse« Les objets lourds tombent plus vite. »
En réalitéSeulement à cause de la résistance de l’air. Sans air, tous les corps tombent de la même façon, quelle que soit leur masse. Apollo 15 l’a montré sur la Lune.
Idée fausse« La toile élastique montre pourquoi les choses tombent. »
En réalitéL’image ne montre que l’espace courbe, et elle utilise elle-même la gravité pour creuser la toile. Pour les corps lents, la courbure du temps fait l’essentiel, et la toile l’omet.
Pour aller plus loinParcours d’apprentissage: Voyage 2 : pourquoi tout tombe-t-il pareil ?L’office des brevets de Berne
L’effet photoélectrique
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1
Pari d’entrée
5 minUne lampe rouge très brillante n’arrache aucun électron à une plaque de métal. Tu la remplaces par une lampe violette très faible. Que se passe-t-il ?
- AToujours rien : la lampe est bien trop faible.
- BQuelques électrons quittent aussitôt le métal.
- CLes électrons ne partent qu’après un délai, quand le métal a accumulé assez d’énergie.
Corrigé pour l’enseignant
Bonne réponse: B
La lumière violette apporte plus d’énergie par portion (environ 3,1 eV) que la rouge (environ 1,8 eV). Pour un métal comme le sodium, qui demande environ 2,3 eV par électron, une portion violette suffit et une portion rouge jamais. La luminosité décide seulement du nombre de portions : une lampe violette faible libère peu d’électrons, mais tout de suite.
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2
Mission de recherche
20 minSur leur propre appareil, seuls ou à deux. Les mêmes questions figurent sur la fiche.
Fais glisser le curseur de fréquence du bas vers le haut. À quelle fréquence des électrons quittent-ils le métal pour la première fois ?
Réponse
Entre 5,5 et 5,6 × 10¹⁴ Hz. À 5,6, l’affichage passe à « Électrons éjectés » et indique 0,02 eV.
Lis l’énergie cinétique des électrons à 8 × 10¹⁴ Hz et à 12 × 10¹⁴ Hz. Comment change-t-elle avec la fréquence ?
Réponse
1,01 eV et 2,66 eV. Plus la fréquence est haute, plus les électrons reçoivent d’énergie : environ 0,41 eV par tranche supplémentaire de 10¹⁴ Hz.
Calcule l’énergie d’une portion de lumière à 8 × 10¹⁴ Hz avec E = h · f (h = 4,14 · 10⁻¹⁵ eV·s). Retire le travail d’extraction de 2,3 eV. Ton résultat correspond-il à l’affichage ?
Réponse
E = 4,14 · 10⁻¹⁵ eV·s · 8 · 10¹⁴ Hz = 3,31 eV. 3,31 eV − 2,3 eV = 1,01 eV, exactement ce que montre l’affichage.
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3
Mise en commun
15 minEnsemble au tableau. Messages clés :
- Le modèle ondulatoire prévoit qu’une lumière plus intense porte plus d’énergie, donc que toute couleur libérerait des électrons si elle était assez intense, peut-être après un délai. La mesure montre autre chose : sous une fréquence seuil, rien ne se passe, même avec une lumière très intense (du moins aux intensités ordinaires) ; au-dessus, les électrons partent aussitôt.
- La luminosité ne change que le nombre d’électrons (le courant), pas leur énergie maximale. L’énergie maximale ne dépend que de la fréquence.
- L’interprétation d’Einstein (1905) : la lumière arrive par portions, chacune d’énergie E = h · f. Une portion libère au plus un électron : E(cin, max) = h · f − W, où W est le travail d’extraction. Sous f₀ = W / h, chaque portion est trop petite.
- Millikan a vérifié cette équation expérimentalement (vers 1914 à 1916). Einstein a reçu le prix Nobel de physique de 1921 surtout pour la loi de l’effet photoélectrique, et non pour la relativité. La lumière montre toujours un comportement ondulatoire dans l’interférence et la diffraction : elle montre les deux.
Pour les curieux : le calcul
E = h · f avec h = 6,626 · 10⁻³⁴ J·s = 4,136 · 10⁻¹⁵ eV·s (1 eV = 1,602 · 10⁻¹⁹ J). Seuil pour W = 2,3 eV : f₀ = W / h = 2,3 eV / 4,136 · 10⁻¹⁵ eV·s ≈ 5,6 · 10¹⁴ Hz, longueur d’onde λ = c / f₀ ≈ 540 nm (vert). Règle pratique : E en eV = 1240 / λ en nm. La lumière rouge (700 nm) a 1,8 eV, la violette (400 nm) 3,1 eV, l’UV-B (300 nm) 4,1 eV.
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4
Transfert
5 minUne question pour finir, ou pour le travail à la maison.
Pourquoi la lumière ultraviolette peut-elle endommager chimiquement les cellules de la peau, alors que la lumière d’une lampe rouge ne le peut pas ? (Indice : l’idée de l’effet photoélectrique.)
Réponse
Rompre une liaison chimique demande une énergie minimale par portion, quelques eV. Une portion d’UV-B a environ 4,1 eV, une portion rouge seulement environ 1,8 eV, et, avec des intensités lumineuses ordinaires, les portions rouges ne s’additionnent pas en une rupture. Une forte lumière rouge peut réchauffer la peau, mais c’est un autre effet.
Idées fausses courantes
Idée fausse« Une lampe plus brillante donne plus d’énergie à chaque électron. »
En réalitéNon. Une lampe plus brillante libère plus d’électrons, chacun avec la même énergie maximale. Seule une fréquence plus élevée l’augmente.
Idée fausse« L’effet photoélectrique prouve que la lumière n’est faite que de particules. »
En réalitéNon. Il montre que le modèle ondulatoire seul ne suffit pas ici. L’interférence et la diffraction demandent toujours des ondes. Selon l’expérience, la lumière montre un côté ou l’autre.
Idée fausse« Einstein a reçu le prix Nobel pour la théorie de la relativité. »
En réalitéNon. Le prix de 1921 a récompensé ses services rendus à la physique théorique, en particulier la loi de l’effet photoélectrique.
Pour aller plus loinParcours d’apprentissage: Voyage 3 : de quoi la lumière est-elle faite ?
E = mc² : combien d’énergie dans un peu de masse ?
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1
Pari d’entrée
5 minUn trombone a une masse de 1 gramme. Supposons qu’on puisse transformer toute sa masse en énergie électrique. Combien cela ferait-il ?
- AEnviron 25 kilowattheures.
- BEnviron 25 000 kilowattheures.
- CEnviron 25 millions de kilowattheures.
Corrigé pour l’enseignant
Bonne réponse: C
E = m · c² = 0,001 kg · (3 · 10⁸ m/s)² ≈ 9 · 10¹³ J. Avec 1 kWh = 3,6 · 10⁶ J, cela fait environ 25 millions de kWh. Le facteur c² est si grand que même une masse minuscule représente une quantité d’énergie gigantesque. En pratique, personne ne peut convertir un trombone entièrement.
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2
Mission de recherche
20 minSur leur propre appareil, seuls ou à deux. Les mêmes questions figurent sur la fiche.
Appuie sur le bouton « Trombone (1 g) ». Note l’énergie en joules et en kilowattheures.
Réponse
Environ 8,99 · 10¹³ J, soit environ 25 millions de kWh (l’affichage indique 24 965 422 kWh).
Appuie maintenant sur « Une personne (62 kg) ». De quel facteur l’énergie est-elle plus grande que pour le trombone ? Pourquoi exactement ce facteur ?
Réponse
Du facteur 62 000 (5,57 · 10¹⁸ J), car l’énergie est directement proportionnelle à la masse et 62 kg font 62 000 g.
L’expérience compare avec la bombe d’Hiroshima (environ 6,3 · 10¹³ J). Modifie la masse jusqu’à ce que la comparaison indique environ « 1× ». Quelle masse est-ce ?
Réponse
Environ 0,7 g : m = E / c² = 6,3 · 10¹³ J / 9,0 · 10¹⁶ m²/s² ≈ 0,7 g. La masse de la matière avant et après l’explosion différait de moins d’un gramme.
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3
Mise en commun
15 minEnsemble au tableau. Messages clés :
- Tout corps au repos possède une énergie de repos E₀ = m · c². Comme c² est énorme (9 · 10¹⁶ m²/s²), peu de masse correspond à beaucoup d’énergie.
- L’équation ne dit pas que la masse « disparaît ». Elle dit : si un système cède de l’énergie, sa masse diminue de Δm = ΔE / c², et ce qui est cédé (lumière, chaleur) emporte cette part.
- Quand on brûle du charbon, la masse change d’environ un trois-milliardième, bien trop peu pour être pesé. Dans les réactions nucléaires, c’est mesurable : environ 0,1 % quand l’uranium se scinde, environ 0,7 % quand l’hydrogène fusionne en hélium dans le Soleil.
- Le Soleil rayonne 3,8 · 10²⁶ W. Cela lui coûte environ 4,3 millions de tonnes de masse par seconde, et il le fait depuis des milliards d’années.
Pour les curieux : le calcul
E = m · c² avec c = 299 792 458 m/s, donc c² = 8,99 · 10¹⁶ m²/s². Pour 1 g = 0,001 kg : E = 8,99 · 10¹³ J. Un kilowattheure vaut 3,6 · 10⁶ J, donc E ≈ 2,5 · 10⁷ kWh. Pour la comparaison avec Hiroshima : 15 kilotonnes de TNT font environ 6,3 · 10¹³ J (1 kt = 4,184 · 10¹² J), donc m = 6,3 · 10¹³ J / 8,99 · 10¹⁶ m²/s² ≈ 7,0 · 10⁻⁴ kg = 0,70 g.
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4
Transfert
5 minUne question pour finir, ou pour le travail à la maison.
Le Soleil rayonne 3,8 · 10²⁶ watts. Combien de tonnes de masse perd-il chaque seconde par ce rayonnement ? (Isole la masse dans E = m · c².)
Réponse
Δm par seconde = 3,8 · 10²⁶ W / 9,0 · 10¹⁶ m²/s² ≈ 4,2 · 10⁹ kg, soit un peu plus de 4 millions de tonnes par seconde (avec les valeurs plus précises 3,83 · 10²⁶ W et 8,99 · 10¹⁶ m²/s², on obtient 4,26 · 10⁹ kg). Par rapport à la masse du Soleil, environ 2 · 10³⁰ kg, c’est très peu ; il peut donc briller encore des milliards d’années.
Idées fausses courantes
Idée fausse« Les corps rapides deviennent plus lourds. »
En réalitéLa masse d’un corps ne dépend pas de sa vitesse. Son énergie, si. C’est pourquoi l’ancienne expression « masse relativiste » n’est presque plus employée en physique, même si certains manuels la contiennent encore.
Idée fausse« E = mc² signifie que la masse est entièrement transformée en énergie. »
En réalitéDans les réactions chimiques et nucléaires, seule une infime partie de la masse est libérée. L’énergie totale se conserve, et avec elle la masse du système entier : ce qui part en rayonnement emporte sa part de masse.
Idée fausse« E = mc² est la formule de la bombe atomique. »
En réalitéL’équation dit quelle énergie correspond à une différence de masse. La bombe repose sur la fission nucléaire, découverte et interprétée en 1938 et 1939 par Hahn, Strassmann, Meitner et Frisch.
Pour aller plus loinParcours d’apprentissage: Voyage 3 : de quoi la lumière est-elle faite ?
Le GPS dans la vie quotidienne
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1
Pari d’entrée
5 minLes satellites GPS tournent à environ 20 200 km d’altitude et à environ 14 000 km/h. À cause de la relativité, leurs horloges ne vont pas comme celles du sol. De combien avancent-elles par jour ?
- AD’environ 38 nanosecondes.
- BD’environ 38 microsecondes (millionièmes de seconde).
- CD’environ 38 millisecondes (millièmes de seconde).
Corrigé pour l’enseignant
Bonne réponse: B
Au total environ +38,6 microsecondes par jour. Cela paraît minuscule, mais la lumière parcourt environ 11,6 km pendant ce temps, et le GPS travaille avec des temps de trajet de signaux. Deux effets s’additionnent : la vitesse du satellite ralentit son horloge (−7,2 µs par jour), la gravité plus faible à cette altitude l’accélère (+45,8 µs par jour).
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2
Mission de recherche
20 minSur leur propre appareil, seuls ou à deux. Les mêmes questions figurent sur la fiche.
Laisse les deux interrupteurs activés et règle 1 jour. Lis la différence d’horloge et la distance en dessous.
Réponse
+38,6 µs et 11,6 km (la distance parcourue par la lumière pendant ce temps).
Désactive « Gravité plus faible » pour ne garder que l’effet de la vitesse. Quel signe a la différence ? Que signifie-t-elle pour les horloges des satellites ?
Réponse
−7,2 µs par jour (environ 2,2 km de trajet de lumière) : à cause de sa seule vitesse, l’horloge du satellite retarderait, comme toute horloge en mouvement.
Réactive les deux effets et fais glisser les jours jusqu’à 30. Comment la différence croît-elle avec les jours ?
Réponse
De façon proportionnelle : après 30 jours, +1 158 µs et environ 347 km. Les horloges s’écartent chaque jour de la même quantité.
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3
Mise en commun
15 minEnsemble au tableau. Messages clés :
- Un récepteur mesure le temps de trajet des signaux de plusieurs satellites. La lumière parcourt environ 30 cm en une nanoseconde ; les horloges doivent donc être exactes à quelques nanosecondes près.
- Deux effets de signes opposés : une horloge en mouvement bat plus lentement (relativité restreinte, −7,2 µs par jour) ; une horloge dans une gravité plus faible bat plus vite (relativité générale, +45,8 µs par jour). Au total, l’horloge du satellite avance de 38,6 µs par jour.
- C’est pourquoi les ingénieurs règlent les horloges des satellites avant le lancement pour qu’elles battent un peu plus lentement : 10,23 MHz devient 10,22999999543 MHz (Ashby, 2003). En orbite, elles s’accordent alors avec le temps terrestre.
- Le GPS est donc un cas du quotidien où les deux théories d’Einstein sont appliquées, et toute application de navigation s’appuie sur les deux.
Pour les curieux : le calcul
Trajet de la lumière pour la différence d’horloge : c · Δt = 299 792 km/s · 38,6 · 10⁻⁶ s ≈ 11,6 km par jour. Décalage de fréquence : 38,6 µs / 86 400 s ≈ 4,47 · 10⁻¹⁰ ; 10,23 MHz · (1 − 4,47 · 10⁻¹⁰) = 10,22999999543 MHz. Remarque : 11,6 km est le trajet de lumière correspondant à l’erreur d’horloge, pas une erreur de position exacte, car une erreur commune à tous les satellites est éliminée par le récepteur. Ce chiffre donne l’ordre de grandeur et la raison de la correction intégrée.
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4
Transfert
5 minUne question pour finir, ou pour le travail à la maison.
Un signal GPS parcourt 20 200 km depuis un satellite situé à la verticale au-dessus de toi. Combien de temps met-il ? Quelle distance la lumière parcourt-elle en une nanoseconde ? Que cela signifie-t-il pour les horloges si tu veux ta position à quelques mètres près ?
Réponse
20 200 km / 299 792 km/s ≈ 0,067 s. En 1 ns, la lumière avance d’environ 0,3 m ; pour une précision de quelques mètres, la mesure du temps doit donc être bonne à une dizaine de nanosecondes.
Idées fausses courantes
Idée fausse« Plus haut, la gravité ralentit encore plus les horloges. »
En réalitéC’est l’inverse. Là où la gravité est plus faible, une horloge va plus vite. L’horloge du satellite gagne grâce à la gravité plus faible et perd une quantité moindre à cause de sa vitesse.
Idée fausse« Mon téléphone envoie sa position aux satellites. »
En réalitéNon. Un récepteur GPS ne fait qu’écouter. Les satellites diffusent leur heure et leur position, et le téléphone calcule lui-même où il se trouve.
Idée fausse« La relativité n’est qu’une théorie et n’a aucun effet dans la vie quotidienne. »
En réalitéLa correction est intégrée dans les horloges des satellites. Sans elle, celles-ci avanceraient chaque jour de 38 µs sur les horloges au sol, et il faudrait le compenser autrement, en permanence.
Pour aller plus loinParcours d’apprentissage: Voyage 1 : que veut dire « en même temps » ?
Science et responsabilité (1933 et 1939)
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1
Pari d’entrée
5 minEn août 1939, une lettre signée d’Albert Einstein parvient au président américain Roosevelt. Quelle affirmation est juste ?
- AEinstein a travaillé des années au projet américain de bombe atomique.
- BLeo Szilárd a rédigé la lettre et Einstein l’a signée. Einstein n’a pas participé au projet de bombe qui a suivi.
- CEinstein a écrit la lettre seul et dirigé le projet de bombe.
Corrigé pour l’enseignant
Bonne réponse: B
La lettre du 2 août 1939 a été rédigée en grande partie par le physicien Leo Szilárd et signée par Einstein. Elle avertissait que des bombes d’un type nouveau pourraient devenir possibles et que l’Allemagne pourrait y travailler. Einstein lui-même n’a pas travaillé au projet Manhattan ; l’armée américaine voyait dans le pacifiste connu un risque pour la sécurité.
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2
Mission de recherche
20 minSur leur propre appareil, seuls ou à deux. Les mêmes questions figurent sur la fiche.
Lis le premier paragraphe de la lettre. Quels travaux Einstein cite-t-il comme motif, et quel usage de l’uranium mentionne-t-il en premier ?
Réponse
Il cite des travaux récents d’E. Fermi et de L. Szilárd. Le premier usage est une source d’énergie nouvelle et importante. Les bombes n’apparaissent qu’au troisième paragraphe.
Trouve le paragraphe sur les bombes. La lettre paraît-elle sûre d’elle ? Comment s’attend-elle à ce qu’une telle bombe soit transportée ?
Réponse
Elle juge ces bombes « concevables », mais « beaucoup moins certaines » que la réaction en chaîne elle-même. Elle imagine une bombe transportée par bateau et explosant dans un port, et juge qu’elle pourrait être trop lourde pour un transport aérien. En 1945, les bombes ont été larguées par avion : la lettre s’est donc trompée sur ce point, car les connaissances de 1939 étaient incertaines.
Ouvre la note sur l’Allemagne à la page 2. Quelles deux choses la lettre rapporte-t-elle sur l’Allemagne ?
Réponse
L’Allemagne avait arrêté la vente d’uranium des mines tchécoslovaques qu’elle avait reprises. Et le fils du secrétaire d’État allemand, von Weizsäcker, travaillait à l’Institut Kaiser-Wilhelm de Berlin, où l’on refaisait une partie des travaux américains sur l’uranium.
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Mise en commun
15 minEnsemble au tableau. Messages clés :
- Printemps 1933 : après l’arrivée de Hitler au pouvoir, Einstein, qui se trouvait aux États-Unis, ne revient pas en Allemagne. Le 28 mars 1933, il débarque à Anvers et démissionne de l’Académie prussienne. En octobre 1933, il arrive à Princeton. Une loi du 7 avril 1933 permet de révoquer des fonctionnaires, y compris des enseignants d’université, parce qu’ils sont juifs ou politiquement indésirables.
- La fission nucléaire est découverte en décembre 1938 (Hahn et Strassmann) et expliquée peu après (Meitner et Frisch). À l’été 1939, Szilárd craint que l’Allemagne ne soit en avance et demande à Einstein de prêter son nom et son crédit.
- La lettre montre à quel point le savoir était incertain : elle parle de ce qui est « concevable » et s’est trompée sur le transport. En 1945, des bombes atomiques détruisent Hiroshima et Nagasaki.
- Einstein s’est exprimé plus tard contre les armes nucléaires et a signé le manifeste Russell-Einstein quelques jours avant sa mort, en avril 1955. Savoir si et quand des scientifiques doivent avertir, se taire ou refuser est une question sans réponse unique ; on peut en débattre en argumentant à partir de sources.
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Transfert
5 minUne question pour finir, ou pour le travail à la maison.
Les chercheurs savent rarement ce que d’autres feront plus tard de leurs résultats. Choisis un exemple actuel (par exemple l’intelligence artificielle, l’édition de gènes ou la recherche sur le climat). Quelles deux questions les chercheurs devraient-ils se poser avant de publier ?
Réponse
Il n’y a pas de réponse unique. Questions utiles : Qui pourrait l’utiliser, et pour quoi ? Qui pourrait en souffrir, et avec quelle probabilité ? Peut-on réduire le dommage ? Qui décide, et qui est consulté ? Acceptez ce qui est argumenté et comparez avec 1939 : Szilárd a choisi d’avertir le gouvernement.
Idées fausses courantes
Idée fausse« Einstein a construit la bombe atomique avec E = mc². »
En réalitéNon. La bombe repose sur la fission nucléaire, découverte en 1938 et 1939 par d’autres, et sur le travail de milliers d’ingénieurs. La part d’Einstein a été sa signature : au bas de cette lettre et de deux autres adressées à Roosevelt en 1940.
Idée fausse« Einstein a travaillé au projet Manhattan. »
En réalitéNon. Il n’y a pas participé. L’armée américaine le tenait pour un risque pour la sécurité et l’a tenu à l’écart.
Idée fausse« Vu d’aujourd’hui, la décision était manifestement mauvaise (ou manifestement bonne). »
En réalitéEn 1939, on ne connaissait pas l’issue. La lettre elle-même ne parle que de ce qui est concevable. Juge séparément ce qu’on savait alors et ce qui s’est passé ensuite, et justifie chaque point.
Pour aller plus loinExil et PrincetonLa lettre et la bombe
Mode projecteur et liens vers un réglage
Deux aides pour le devant de la classe.
Mode projecteur
Les dix expériences avec carte de prédiction (dans les chapitres) ont, dans la barre en dessous, un bouton « Mode projecteur » ; quand le focus est dans l’expérience, la touche B fait de même, et Échap ou B le referme. La question s’affiche alors en grand avec les cases A, B et C pour voter à main levée, l’expérience à côté. Avec « Montrer l’expérience » et « Donner la réponse », vous décidez quand la classe voit quoi.
Lien vers un réglage
Dès que vous déplacez une commande, sa position s’inscrit dans l’adresse (après le # de l’expérience). Le bouton « Copier le lien vers ce réglage » copie exactement ce lien pour Moodle, IServ ou un courriel. Qui l’ouvre voit le même réglage ; rien n’est compté comme sa propre progression.
Cela marche aussi sans
Vous pouvez vous passer des deux : ouvrir la page de l’expérience, la projeter, lire le pari d’entrée depuis cette page et voter à main levée.
Intégrer une expérience
Choisissez une expérience, la langue et l’apparence, puis copiez le code dans votre plateforme d’apprentissage ou votre propre page web.
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